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Befriending Our Fears


(English version below.)

Les lumières de la ville de l’autre côté du lac scintillaient au loin. Les bateaux amarrés dans le port se balançaient doucement d'avant et en arrière. C'était une soirée d'octobre inhabituellement chaude. Un membre de la famille et moi étions assis sur un banc au bord du lac et profitions du silence de la soirée.


À un moment donné, la conversation a pris un tournant et nous avons commencé à parler d’un sujet personnel; pour faire court, ça ne s’est pas bien passé du tout. Ce qui s’est passé ensuite a conduit à une tournure d’événements pour le moins inattendue et a fait ressortir de nombreuses émotions du passé. Heureusement, ces émotions ont pu être vues pour ce qu’elles étaient. Et ont pu se dissoudre dans le “trou noir” de la conscience.


Ce que j'ai réalisé plus tard, après avoir réfléchi à la conversation et à la réaction de l'autre personne, c'est quelque chose dont mon maître Sri Nandanji m'a parlé à plusieurs reprises. Nous sommes seulement irrités ou bouleversés par les paroles d'une autre personne parce que nous ne sommes pas épanouis en nous-mêmes, donc nous croyons ce que la personne dit ce qui conduit à des sentiments blessés, de la colère, de la tristesse, etc.


Quand quelqu'un nous dit des choses qui seraient généralement considérées comme désagréables, des critiques par exemple, si nous nous acceptons tels que nous sommes et, plus encore, nous nous aimons exactement tels que nous sommes, nous ne serons jamais offensés ou blessés par qui que ce soit ou quoi que ce soit.


Nous respecterons simplement les sentiments des autres et n'essaierons pas de changer leur point de vue. C’est ce qu’ils vivent, alors qui sommes-nous pour dire que c’est bien ou mal ? De plus, nous aimerons la personne et l'accepterons tout comme nous nous accepterons nous-mêmes, ainsi il n’y aura aucun conflit. Notre pratique guérit et apporte l'harmonie là où il y aurait eu de la discorde.


Imaginez une seconde de vivre dans un monde où la majorité des gens s'acceptent tels qu'ils sont et donc tous ceux qui les entourent aussi. L'amour inconditionnel régnerait, la compétition disparaîtrait, la solidarité serait la norme et lorsqu'un conflit occasionnel surviendrait, il serait considéré comme une opportunité de croissance, et non comme quelque chose de mauvais ou à éviter. L’acceptation de soi apporte la confiance, l’assurance que tout est parfait tel qu’il est, et cette confiance apporte la paix, une paix immense.


Cet état d’acceptation absolue est la voie au milieu que j’ai déjà mentionnée, l’état d’équanimité. J'ajouterais ici aussi qu'il s'agit d'un état sans peur. J'ai appris grâce à la situation ci-dessus qu'il y avait encore une peur cachée en arrière-plan. Une peur que je pensais n'être plus là. Je suis reconnaissante que cette situation l’ait mise au premier plan.


La nuit où cela s'est produit, je me suis couchée et j'ai observé ma respiration toute la nuit, sans dormir du tout. Je suis restée avec les sensations dans mon corps, j'ai laissé les émotions monter et s'apaiser. J'ai tout regardé et resté le témoin, j'ai senti l'énergie circuler.


Le lendemain, alors que je parlais de la situation à un ami, nous nous sommes connectés ensemble à la racine de la peur. C'est quelque chose que nous connaissons tous bien. La peur fondamentale liée à la survie. Avoir suffisamment de revenus pour se procurer un toit et de la nourriture. Est-ce que je finirais par vivre sous un pont ? Mon ami a dit, pourquoi est-ce si grave ? Ce serait peut-être un beau pont avec de l'eau claire qui coule et des oiseaux qui chantent.


Cette image a changé quelque chose pour moi.


Le lendemain, alors que je continuais à contempler la présence de cette peur qui était désormais devenue une amie et qui m'avait tant appris, j'ai eu une autre idée. Ce n'était pas vraiment la peur de ne pas avoir de revenus et de se retrouver sans abri en Suisse (il fait froid ici en hiver !), mais l'attachement au corps physique. C'était la peur de geler sous ce beau pont, de mourir de faim.


Ah ha ! La petite peur cachée avait été identifiée! J'avais l'impression d'être arrivée à la source de la peur: préservation du corps physique. Peur de la mort. À ce stade, j'ai ri et mon ami aussi. Il a dit que la mort n’etait qu’un passage, une porte vers un autre «lieu» où la vie continue. Je suis tout à fait d'accord. Je n’ai pas du tout peur de la mort car je ne la vois pas comme une fin à quoi que ce soit, juste une transition. À quoi? Je ne sais pas exactement et peu importe parce qu'en réalité qui est en train de mourir ? Le corps existe, mais « Je » ne suis pas ce corps. Car le « Je » que nous sommes tous est immortel et n’est pas touché par la vie sous un pont ou par toute autre situation qui peut sembler inconfortable et difficile aux yeux des humains.


J'ai poussé un soupir de soulagement. J'étais allée au fond des choses.


Avec une immense gratitude et encore plus d'amour, j'ai remercié silencieusement ce membre de la famille pour les dernières 48 heures qui avaient été si inattendues et pas toujours faciles.


Si je peux résumer cette expérience et ce qui restera certainement avec moi, c'est l'importance de vivre continuellement et consciemment dans un état d'acceptation totale et donc d'amour inconditionnel. Dans cet état, toutes les peurs se dissolvent et nous retrouvons notre être inné, celui de l’équanimité, de la sérénité, de la détente et du bonheur.


(Un grand merci à mon ami « M » dont la présence et les conversations ont été si utiles et un merci au membre de la famille avec qui m’a permis de vivre cette situation, quelle bénédiction !)


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The lights of the city across the lake were dots in the distance. The boats tied up in the harbor were gently bobbing back and forth. It was an unusually warm October evening. A family member and I were sitting on a bench by the lake taking in the silence of the evening.


At one point the conversation took a turn and we started talking about a personal subject and long story short it did not go well, at all. What happened next led to a turn of events that was unexpected to say the least and brought up many emotions from the past. Thankfully so, enabling them to be seen for what they are and dissolve into the black hole of awareness.


What I realized later after reflecting on the conversation and on the reaction of the other person was something my master Sri Nandanji spoke to me about many times. We only get irritated, or upset with another person's words because we are not fulfilled within ourselves, therefore we believe what the person is saying, this leads to hurt feelings, anger, sadness etc.


When someone is expressing things to us that would usually be considered unpleasant, criticism for example, if we accept ourselves as we are and more than that LOVE ourselves exactly as we are, we would never get offended or hurt by anyone or anything.


We would simply respect the others’ feelings and not try to change their viewpoint. That is what they are experiencing so who are we to say it is wrong or right? Moreover, we would love the person and accept them just as we accept ourselves, there would be no conflict whatsoever. This is our practice, this is what heals and brings harmony where there would have been discord.


Imagine for a second living in a world where the majority of people accepted themselves as they are and therefore everyone around them too. Unconditional love would reign, competition would vanish, solidarity would be the norm and when the occasional conflict arose it would be seen as an opportunity for growth, not something bad or to be avoided. Self acceptance brings trust, trusting that everything is perfect as it is, and this trust brings peace, immense peace.


This state of absolute acceptance is the middle path that I have mentioned before, the state of equanimity. I will add here too that it is a fearless state. I learned through the above situation that there was still a fear lurking in the background. One that I thought was no longer there. I was grateful that this situation brought it to the foreground.


The night that this happened I laid in bed and watched my breath all night long, not sleeping but a wink. I stayed with the sensations in my body, I allowed the emotions to rise and subside. Watching them all. Remaining the witness, feeling the energy circulating.


The next day as I talked to a friend about the situation and together went to the root of the fear. It is one we all know well. The fear of basic survival. Having enough income to provide a roof over our head and food to eat. Would I end up living under a bridge? My friend said, why is that so bad? Maybe it would be a beautiful bridge with clear water flowing and birds singing.


This image shifted something for me.


The next day as I kept contemplating the presence of this fear that by now had become a friend, teaching me so very much, I had another insight. It was not actually a fear of having no income and being homeless in Switzerland (it is cold here in the winter!) It was the attachment to the physical body. It was fear of freezing under that beautiful bridge, of starving to death.


Ah ha! I felt I had gotten to the source of the fear. Preservation of the physical body, otherwise known as -fear of death. At this point I laughed and my friend did too. He said, death is just a passage, a doorway to another “place” where life continues on. I agree totally. I do not fear death at all as I do not see it as an end to anything, just a transition. To what? I don't know exactly and it doesn't matter as who is dying? The body is, but “I” am not. For the “I” that we all are is immortal and untouched by living under a bridge, or any other situation that may seem to the human eyes to be uncomfortable and difficult.


I sighed a sigh of relief. I had gotten to the bottom of it.


With immense gratitude and even more love I silently thanked this family member for the last 48 hours that had been so unexpected and not always easy.


If I can sum up this experience and what will for sure stay with me is the importance of continuously, consciously living in a state of utter acceptance and therefore unconditional love. In this state all fears dissolve and we reunite with our innate being, one of equanimity, serenity, relaxation and bliss.


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(A big thank you to my friend “M” whose presence and conversations were so very helpful and a thank you to the family member with whom this situation took place, what a blessing!)


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